Comment préparer son post-partum pendant la grossesse : le guide pratique

Vous préparez votre valise pour la maternité, vous décorez la chambre du bébé, vous suivez vos cours de préparation à l’accouchement. Et le post-partum ? Silence radio. Pourtant c'est là, dans les semaines et les mois qui suivent la naissance, que tout se joue vraiment. Et celles qui s'en sortent le mieux ne sont pas les plus chanceuses, ce sont celles qui ont préparé leur post-partum bien avant le jour J.

Pourquoi personne ne parle de la préparation au post-partum ?

On vous prépare à l'accouchement pendant neuf mois. À l'après, jamais. Comme si une fois le bébé sorti, l'aventure s'arrêtait. Sauf que c'est exactement l'inverse : l'accouchement dure quelques heures, le post-partum, lui, des mois.

Et les chiffres sont là pour confirmer ce que votre instinct vous souffle déjà. Selon une enquête de 2021 menée par l'Inserm et Santé publique France, 16,7 % des femmes présentent des symptômes de dépression post-partum deux mois après leur accouchement, et 17 % décrivent cette période comme difficile ou très difficile. Plus d'un tiers déclarent avoir moins de 3 personnes vers qui se tourner en cas de difficulté.

On va pas se mentir : la culture française glorifie celles qui "gèrent" sans aide. Et ce silence collectif coûte cher. Physiquement, mentalement et dans le couple. La bonne nouvelle ? Préparer son post-partum, ça change tout. Pas pour tout contrôler. Pour ne pas tout subir.

Préparer la logistique du post-partum : le concret qui sauve les premières semaines

C'est la partie la plus connue, et pourtant souvent bâclée. Voilà ce qui sert vraiment :

Préparer les repas

Congelez 15 à 20 portions avant la naissance. Plats simples, nourrissants, qui se réchauffent en 5 minutes : soupes épaisses, dahls, sauces tomate, chili, blanquette.

Préparer l’organisation de la maison

L'erreur classique : vouloir tout optimiser. La bonne approche : tout simplifier. Baissez vos standards de ménage maintenant, pas dans deux mois quand vous serez épuisée. La maison sera un peu moins rangée. Et c’est ok !

Préparer les courses

Programmez un drive ou des abonnements (couches, lessive, papier toilette) dès le 8ème mois. Vous vous remercierez chaque semaine.

Préparer la garde de l’aîné

Si c'est votre deuxième (ou plus), anticipez MAINTENANT qui s'occupera de l'aîné les premiers jours. Pas le jour J au téléphone entre deux contractions.

Anticiper les démarches administratives avant l'accouchement

Vous n’aurez ni l'énergie ni le cerveau pour ça après. Ce qui peut être réglé en amont :

- La déclaration de grossesse à la CAF et à l'Assurance Maladie (avant la fin du 3ème mois).

- Les démarches PAJE, prime à la naissance, allocation de base.

- L'inscription en crèche si vous envisagez ce mode de garde : le plus tôt possible dans la grossesses, surtout pour les crèches municipales où les places sont rares.

- Vos rendez-vous post-nataux : prenez-les MAINTENANT dans votre agenda. La visite post-natale obligatoire est prévue entre la 4ème et la 8ème semaine après la naissance et prise en charge à 100 %. Les 10 séances de rééducation périnéale et abdominale aussi. Pédiatre, ostéo bébé : réservez à l’avance, ce sera ça de fait !

- La mutuelle : vérifiez les forfaits maternité, les remboursements ostéo et psy.

Si vous avez des questions sur les aides financières publiques et privées, je vous aide à tout décortiquer en consultation en fonction de votre situation. N’hésitez-pas à prendre rendez-vous !

Préparer son couple : la conversation qui change tout

C'est la conversation qu'on n'a jamais. Et c'est probablement la plus importante. Avant la naissance, il faut parler, pas signer un contrat, parler. Honnêtement.

Qui se lève la nuit, et selon quel rythme ? Qui gère les visites des grands-parents (et qui ose les filtrer si elles arrivent en masse) ? Comment vous vous dites "je ne vais pas bien" quand vous serez tous les deux à plat ? Comment vous répartissez les tâches les six premières semaines, en sachant qu'elles seront déséquilibrées et que c'est ok ?

La plupart des crises de couple post-partum naissent d'attentes non exprimées. Pas de mauvaise volonté, mais d'attentes silencieuses. Cette conversation, même imparfaite, désamorce 80 % des tensions à venir.

Préparer son village : demander de l'aide avant d'en avoir besoin

Listez les noms. Maintenant. Qui peut faire quoi ? Belle-mère qui peut venir 3 jours. Copine qui adore cuisiner et qui apportera un plat. Voisine qui peut prendre une lessive. Frère qui peut garder l'aîné 2h le mercredi.

Vous préparez une liste de naissance, préparez aussi votre liste de soutien. Aussi importante, beaucoup plus utile.

Et si vous n’avez pas de village autour de vous, parce que votre famille est loin, parce que vous êtes en monoparentalité, il existe de vraies ressources, sous-utilisées parce que mal connues :

- Les TISF (Techniciennes de l'Intervention Sociale et Familiale) et AES (Accompagnants Éducatifs et Sociaux) financés en partie par la CAF. À votre demande, une professionnelle peut venir vous aider à domicile pour gérer le quotidien, soutenir votre parentalité, ou prévenir un épuisement. Le dispositif est ouvert dès la grossesse et jusqu'aux 2 ans de l'enfant.

- La PMI (Protection Maternelle et Infantile) est gratuite, ouverte à toutes, avec des sages-femmes et des puéricultrices qui peuvent venir chez vous.

- Les accompagnantes post-partum (dont je fais partie) qui prennent le relais sur la dimension émotionnelle et organisationnelle, là où le médical s'arrête.

Préparer sa tête : accepter que ça ne sera pas parfait

C'est la partie la plus importante. Et la plus négligée. Préparer son post-partum, ce n'est pas tout prévoir. C'est accepter qu'on ne peut pas tout prévoir. C'est se donner la permission, maintenant, de ne pas aller bien plus tard. Sans honte. Sans culpabilité.

Sachez à l'avance que le baby blues touche 50 à 80 % des femmes entre le 2ème et le 5ème jour après la naissance, qu'il passe spontanément en deux semaines, et que ça ne fait pas de vous une mauvaise mère.

Sachez aussi que la dépression post-partum concerne environ 16,7 % des femmes selon les chiffres officiels (donc 1 femme sur 6 environ), qu'elle se traite très bien, et qu'en parler à un professionnel (sage-femme, médecin, psy périnatale, PMI) n'est pas un aveu d'échec mais un acte de santé. Vous pouvez d'ailleurs faire un autodiagnostic anonyme sur l'application 1000 premiers jours qui propose un outil de repérage validé scientifiquement.

Vous vous reconnaissez dans cet article ? Réservez votre appel découverte gratuit de 10 minutes avec moi : On en parle, sans pression.

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